La gestion quantitative d’une nappe vise à respecter un bilan équilibré entre les flux entrants (alimentation directe en périphérie et échange entre nappes) et sortants (prélèvements et sorties naturelles aux exutoires par les sources, les percolations sous marines et les échanges entre nappes).

Les ordres de grandeur de l’équilibre des bilans des grands systèmes profonds de Gironde pour les années 1990 sont résumés dans le schéma suivant (établi par le BRGM pour la phase d'état des lieux du SAGE Nappes profondes) :


Bilan des entrées et sorties dans les nappes du SAGE en millions de m3

Ces ordres de grandeurs sont des valeurs moyennes sur 8 années qui intègrent des fluctuations climatiques interannuelles et qui concernent en millions de m3/an :
    - les sorties naturelles vers les sources (débordement) ;
    - la recharge naturelle aux limites des nappes en saison humide ;
    - les prélèvements humains ;
    - les apports par échange avec les autres nappes ;
    - les sorties par échange avec les autres nappes.
Pour préserver les ressources souterraines profondes sur le long terme, le SAGE Nappes profondes a arrêté des volumes maximum prélevables objectif (VMPO) pour chaque nappe sur des territoires délimités (unités de gestion). Il fixe comme objectif le respect de ces VMPO en 2013 au plus tard.

En comparant les volumes effectivement prélevés à ces objectifs, il est possible de classer chaque unité de gestion dans l'une des trois catégories : non déficitaire, à l'équilibre et déficitaire.

Unité de Gestion CENTRE MEDOC ESTUAIRE LITTORAL NORD SUD
Miocène I I I Absent I
Oligocène II I I Absent I
Eocène III II I I Pas de forage connu en 2002
Crétacé III II I I I

Ont ainsi été identifiées comme déficitaires, c'est-à-dire surexploitées, les nappes de l’Eocène et du sommet du Crétacé supérieur sur la zone centre du département (globalement de l’agglomération bordelaise et un large secteur entre Garonne et Dordogne). Sur ce même territoire, lorsqu’elle existe, la nappe de l’Oligocène est considérée comme étant à l’équilibre, ce qui signifie qu’il ne faut pas augmenter les prélèvements qui y sont fait.

Sont également considérées comme étant à l’équilibre les nappes de l’Eocène et du sommet du Crétacé supérieur dans le Médoc et en bordure de l’estuaire.

Partout ailleurs, lorsqu’elles existent, les nappes du SAGE sont considérées comme non déficitaires ce qui signifie qu’il est encore possible d’y augmenter les prélèvements, les limites à ne pas dépasser n’ayant pas encore été atteintes.

Pour la préservation de ces nappes sur le long terme, le SAGE vise à rétablir un bilan équilibré pour les nappes surexploitées et à maintenir au pire à l’équilibre les autres unités de gestion.

Pour ce faire, le SAGE préconise la mise en œuvre de deux politiques complémentaires :
    - une politique d’économies d’eau et de maîtrise des usages qui vise à réduire globalement nos prélèvements dans toutes les nappes par réduction des gaspillages et usages anormaux ;

    - la mise en œuvre de ressources nouvelles (nappes du SAGE non déficitaires ou ressources extérieures aux nappes du SAGE) pour compléter le gisement que constituent les économies d’eau.
L’objectif est ambitieux si l’on considère l’importance des réductions des prélèvements à réaliser dans les nappes surexploitées identifiées dans le SAGE car elles représentent plus de 10% de notre seule consommation pour l’eau potable à l’échelle du département.