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3 QUESTIONS à ALICE VACELET 

Alice Vacelet

Ingénieure usages de l’eau et territoires au SMEGREG

Les documents d’urbanisme doivent être compatibles ou rendus compatibles avec les SAGE nous dit la réglementation. Comment s’en assurer s’agissant du SAGE des Nappes profondes de Gironde ?

Le SAGE est explicite sur le sujet. Il résume l’exercice à une question : « Quelle pression feront peser sur les nappes du SAGE les modalités pratiques d’alimentation en eau potable du territoire concerné par le document d’urbanisme ? »

Ce qui intéresse la CLE, c’est l’incidence du projet d’aménagement sur les ressources de son périmètre. En analysant cet impact dûment quantifié, elle pourra alors se prononcer sur son acceptabilité vis-à-vis des règles de gestion qu’elle a établies.

Si la question posée est simple, y répondre ne l’est pas.

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En pratique, que faut-il faire pour y répondre ?

Répondre à cette question nécessite que s’instaure un dialogue entre le porteur du document d’urbanisme et le, ou les, services d’eau potable concernés.

Ces échanges doivent déboucher sur :

      • un état des lieux de l’alimentation en eau potable du territoire, de ses atouts, faiblesses et limites ;
      • une prospective de la demande en eau associée au projet d’urbanisme : exercice nécessitant de combiner croissance démographique, demande en eau potable rapportée à l’habitant (tant pour les usages individuels que collectifs), incidence du changement climatique sur cette demande, politiques d’économie, arrivée de nouvelles activités économiques, etc. ;
      • l’identification des actions à mettre en œuvre pour mettre en adéquation les capacités des services d’eau potable (et donc des ressources qu’ils sollicitent) et la demande projetée.

A noter que ces deux dernières étapes peuvent être répétées de manière itérative au besoin si le projet est modifié jusqu’à obtenir un projet final compatible avec la préservation des ressources.

L’exercice est-il difficile ?

 « Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir » disait Pierre Dac.

Plus sérieusement, le travail de prospective est évidemment complexe. Il nécessite une collecte de données auprès de différents acteurs, puis une harmonisation des échelles pour réaliser le bilan sur chacun des services d’eau. Quelle que soit la méthode retenue, elle comportera des biais inhérents aux hypothèses privilégiées qui se traduiront par des incertitudes importantes sur les résultats obtenus. Mais l’important est l’ordre de grandeur des prospectives.

La confrontation des résultats obtenus avec la capacité administrative et technique des services d’eau potable est également ardue. Elle nécessite une implication forte de ces derniers à l’invitation des porteurs de documents d’urbanisme. Ils ne doivent plus simplement être spectateurs passifs, attendant les directives des aménageurs comme cela a pu être le cas par le passé. Ils doivent se positionner en tant qu’interlocuteur médiateur technique qui possède la meilleure connaissance de ses ouvrages et de leurs limites, et en tant que gestionnaire de la ressource qu’il exploite. Le temps où prévalait l’idée que « l’intendance suivra » est révolu.