3 questions à Joachim Boisard
Joachim Boisard
Vice-président du Comité syndical du SMEGREG
Monsieur Boisard, vous êtes un des rares élus des services d’eau potable déjà délégué au SMEGREG lors du précédent mandat municipal. Qu’en avez-vous retenu ?
En premier lieu l’interdépendance des territoires. Le libournais par exemple n’a que la nappe de l’Eocène, surexploitée en zone centre, comme ressource mobilisable pour l’eau potable. D’autres territoires, qui s’approvisionnent aussi à partir de cette même nappe, disposent également de ressources alternatives. Une fois le bon état de l’Eocène restauré grâce à une substitution structurante, ce sont les efforts de ces derniers qui permettront de libérer des disponibilités pour ceux qui n’ont que l’Eocène centre. En conséquence, le SMEGREG est l’instance qui répond au mieux pour mener la stratégie et la gouvernance sur la ressource.
Et à l’échelle plus locale ?
Il est évident que la ressource utilisée n’est pas toujours adaptée à l’usage que l’on en fait. Arroser un terrain de sport ou un espace vert avec de l’eau potable est une pratique encore trop généralisée. Or des ressources alternatives peuvent souvent être mobilisées. Un autre regret, constater que les bâtiments publics ne sont que trop rarement équipés de matériels hydro-économes. Les communes et leurs groupements ont encore beaucoup à faire en matière de sobriété.
Substituer, choisir la bonne ressource, être sobre dans ses usages ne concernent que les collectivités ?
Non, bien entendu, tous les usagers doivent participer à leur échelle à la gestion des ressources, mais les collectivités doivent leur montrer l’exemple. L’exemple ne suffit cependant pas pour motiver les choix et comportements appropriés. Il faut révéler la valeur patrimoniale de nos ressources, expliquer pourquoi nous devons être sobres. La sensibilisation du grand public et des scolaires constitue le fondement de la politique que nous avons bâtie pour la gestion équilibrée et durable des nappes profondes.
